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Marco Mazevet

13/04/2018

Point de vue

Efficience : médecine comptable ou progrès de la science ?

Les mots clés de la Stratégie Nationale de Santé ont surpris nombre de confrères sur les réseaux sociaux ces derniers mois. « L’incompréhension semble venir de deux approches distinctes : individuelle et populationnelle », analyse ici Marco Mazevet, doctorant en économie et politique de santé au King’s College à Londres.

Les praticiens ont généralement été formés à traiter leurs patients « aux données acquises de la science » ; or, nous savons maintenant que c’est une méthode incomplète pour orienter les choix de traitements, dans une démarche d’économie de la santé1.
L’exemple ci-dessous est une analyse simplifiée de type coût-efficacité. Nous savons que la plupart des traitements innovants sont généralement plus efficaces mais plus chers. Avant de les financer, il est nécessaire d’analyser si les ressources additionnelles n’auraient pas été mieux utilisées ailleurs. Ces études peuvent démontrer la logique de payer certains traitements plus chers et durables et justifier économiquement la prévention.

Les analyses de coût-utilité2
Les analyses de coût-efficacité ont leurs limites : elles ne permettent pas d’analyser l’impact sur la qualité de vie du patient. Par exemple, une couronne métallique sur une 11 aurait le même taux de survie qu’une céramo-céramique et un rapport coût-efficacité plus favorable. Les analyses de coût-utilité permettent de compléter cette analyse en intégrant le point de vue du patient, par des questionnaires dédiés. Il est évident que ces deux traitements seraient perçus très différemment d’un point de vue esthétique.
L’analyse de l’efficience et de la pertinence des soins permet d’orienter les décideurs vers les choix les plus rationnels, centrés sur les patients. Les universitaires doivent s’emparer de ces évaluations économiques et fournir les éléments de preuve nécessaires à toute décision inhérente à un système de santé moderne.


1 Consulter l'article Maynard A. Evidence-based medicine: an incomplete method for informing treatment choices. The Lancet, 1997:(349)126–128.
2 Consulter le descriptif des calculs

Marie Luginsland

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