Prescription et douleur

La connaissance des mécanismes impliqués dans la douleur a considérablement évolué au cours des dernières années.
Nous vous proposons avec ce second « Dossier de formation CdP » une sélection d'articles autour de la question de la prescription des antalgiques, des analgésiques voire des co-analgésiques comme les anti-dépresseurs. Ce tour d'horizon, qui offre des indications pratiques, est également une initiation à une approche novatrice du traitement de la douleur.

Dossier coordonné par Ph. de Jaegher

NOTRE ENQUETE : La prescription des antalgiques au quotidien


Découvrez les habitudes de prescription des chirurgiens-dentistes en fonction de la douleur de leur patient.

Les articles du dossier

1. Prémédication pour une douleur d'origine endodontique

Référence : Attar S, Bowles WR, Baisden MK et al. Evaluation of pretreatment analgesia and endodontic treatment for postoperative endodontic pain. J Endod 2008;34:652-655. Traduit de Dental Abstracts par : Chau R. Clinic 2009;30:598.
Résumé : La prescription d'un analgésique avant d'engager un traitement endodontique chez un patient permet d'apaiser la douleur. On espère ainsi diminuer la mise en place d'une sensibilisation centrale, dans laquelle les neurones spinaux deviennent hypersensibles aux signaux nocicepteurs périphériques. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont souvent utilisés, car largement disponibles et capables d'apaiser la douleur et la fièvre avec de rares effets secondaires. Une dose unique d'ibuprofène a été donnée à des patients présentant une douleur d'origine endodontique avant le traitement pour déterminer son effet sur la douleur postopératoire.)

2. Association paracétamol-codéine et prise en charge de la douleur en odontologie

Référence : Baaroun V, Descroix V. Association paracétamol-codéine et prise en charge de la douleur en odontologie. Clinic 2009;30:611- 617.
Résumé : Le chirurgien-dentiste est quotidiennement amené à prévenir ou traiter la douleur. Une prescription de médicaments antalgiques s'avère alors parfois nécessaire. En cas de douleur d'intensité modérée à intense, l'association paracétamol-codéine est une option intéressante en odontologie. Il s'agit en effet de molécules bien connues et dont l'efficacité est bien évaluée.

3. Prise en charge de la douleur en odontologie : la juste place de l'ibuprofène

Référence : Descroix V, Roche Y. Prise en charge de la douleur en odontologie : la juste place de l'ibuprofène. Clinic 2008;29:553-558.
Résumé : L'ibuprofène est un antalgique utilisé depuis plus de 30 ans en médecine. Médicament de première intention dans la prise en charge de la douleur aiguë inflammatoire, il fait partie de l'arsenal thérapeutique incontournable dans différentes disciplines odontologiques. Après avoir rappelé les points indispensables de sa pharmacologie, les indications dans lesquelles sa prescription a démontré un intérêt incontestable seront discutées.

4. Intérêt de l'acide tiaprofénique en odontologie

Référence : Descroix V. Intérêt de l'acide tiaprofénique en odontologie. Clinic 2007;28:694-697.
Résumé : La douleur est le symptôme le plus fréquemment rencontré en odontologie. Il s'agit, dans la majorité des cas, d'une douleur aiguë de nature inflammatoire qui peut être le motif d'une consultation ou d'une complication postopératoire. Parmi l'ensemble des moyens pharmacologiques de prise en charge de la douleur en odontologie, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont des médicaments de choix qui seront parmi les plus efficaces et les moins nocifs à la condition indispensable d'en respecter les indications, les précautions d'emploi et les contre-indications.

5. Quel prescripteur êtes-vous ?

Référence : Mauduit L. Quel prescripteur êtes-vous ? Clinic 2007;28(2):12-15.
Résumé : Pour combattre l'infection, la douleur ou simplement prolonger les bénéfices d'un traitement, vous prescrivez tous les jours des produits de santé. Quelles sont les tendances en la matière ? Avez-vous adapté votre pratique concernant les antibiotiques ? Clinic Actu fait le point sur vos habitudes de prescription qui demeurent votre liberté « large et absolue », mais pour combien de temps encore ? La prescription de médicaments par le praticien fait appel à ses connaissances universitaires et à son expérience puis, finalement, vient l'habitude.

6. Pathologies endodontiques et traitement de l'urgence

Référence : Simon S, Descroix V. Pathologies endodontiques et traitement de l'urgence. Clinic 2007;28 :93- 99.
Résumé : La douleur d'origine endodontique est la cause principale de consultation d'un patient en urgence dans les cabinets dentaires. Il est du devoir du chirurgien-dentiste, même si son carnet de rendez-vous est rempli, de le recevoir et de lui prodiguer les soins adéquats afin, d'une part, de le soulager et, d'autre part, de ne pas compromettre la suite des soins et le pronostic des traitements à suivre.

7. L'endodontie sans douleur

Référence : Bronnec F.  L'endodontie sans douleur. Clinic 2007 ;28 ;111- 121.
Résumé : Si la douleur constitue le premier motif de consultation, c'est pourtant elle, ou plus exactement la crainte de la ressentir, qui éloigne encore beaucoup de patients des cabinets dentaires. L'objectif de cet article est de fournir au praticien des clés pour :
- comprendre la peur et ses motifs (échecs anesthésiques, douleurs postopératoires et flambées inflammatoires/infectieuses) ;
- comprendre la douleur et ses mécanismes ;
- maîtriser les techniques anesthésiques, connaître les gestes opératoires d'urgence efficaces et savoir adapter ses prescriptions.

8. L'amitriptyline diminue le stress, mais pas la douleur des patients bruxomanes GRaDE A (18)

Référence : Raigrodski AJ, Mohamed SE, Gardiner DM. The effect of amitriptyline on pain intensity and perception of stress in bruxers.J Prosthodont 2001;102:73-77.
Résumé par Caroline Floris dans : Floris C. L'amitriptyline diminue le stress, mais pas la douleur des patients bruxomanes GRaDE A (18). Cah Prothèse 2005;130 :9.
Résumé : Cette étude clinique évalue l'effet d'un anti-dépresseur tricyclique amitriptyline sur le niveau de douleur et de stress des patients bruxomanes.Il existe deux types de bruxisme : le bruxisme diurne est lié à l'état émotionnel du patient ; le bruxisme nocturne est défini comme un mouvement stéréotypé de grincement et d'entrechoquement des dents durant le sommeil. Son diagnostic repose sur l'interrogatoire du patient qui décrit des grincements nocturnes...

9. L'amoxicilline ne permet pas d'éviter les accidents inflammatoires après traitements endodontiques

Référence : Winkel EG, van Winkelhoff, AJ, Timmerman MF, et al. Amoxicillin plus metronidazole in the treatment of adult periodontitis patients: A double-blind placebo-controlled study. J Clin Periodontol 2001;28:269-305. Traduit dans Clinic 2002;23:393.
Résumé : Après le traitement endodontique d'une dent nécrotique asymptomatique, il arrive que le patient souffre d'une augmentation des symptômes ou d'un accident inflammatoire. Quelques études ont suggéré que l'utilisation prophylactique d'antibiotiques réduisait la survenue de ces accidents inflammatoires post-opératoires, mais d'autres études ont rapporté des résultats contraires. Les effets d'une prophylaxie antibiotique à l’amoxicilline sur le risque d’un accident inflammatoire après traitement endodontique d’une dent nécrotique asymptomatique ont ici été évalués.

10. La pénicilline peut-elle aider à soulager la douleur consécutive à un traitement endodontique ?

Référence : Henry M, Reader A, Beck M. Effect of penicillin on postoperative endodontic pain and swelling in symptomatic necrotic teeth. J Endodont 2001;27:117-123. Traduit dans Clinic 2002;23 :258.
Résumé : Les patients porteurs d'une dent nécrotique symptomatique sont fréquemment reçus en urgence pour un traitement endodontique. Même après un débridement approfondi du canal radiculaire, ces patients peuvent présenter une persistance de leurs symptômes. Un traitement à la pénicilline a été utilisé dans ce cas de figure, mais son étude n'a pas été réalisée de manière adéquate. On a donc vérifié, lors d'une étude aléatoire, les effets d’une thérapie à la pénicilline chez des patients présentant une persistance de leurs symptômes après traitement d’urgence d’une dent nécrotique symptomatique.

 

Analyses de la bibliographie sur le thème de la prescription

1. La prescription ciblée en odontologie
Nouvelle édition entièrement revue et mise à jour

Référence : Valdiguié P. Bibliographie. Cah Prothèse 2009;148:74-5.
Résumé : À l'heure de l'informatisation, de la multiplication de sites Internet spécialisés et de l'édition de logiciels de plus en plus complets et fréquemment actualisés, il est fort difficile de proposer un ouvrage didactique et captivant sur la pharmacologie. Les auteurs ont tout de même réussi ce pari en réactualisant un ouvrage de 1997 (…)

2. Les médicaments en odonto-stomatologie

Référence : Buquet J. Implant a lu. Implant 2006 ;2 :169- 170.
Résumé : Cet ouvrage dans un format de poche (11 x 18 cm) recense les médicaments d'usage courant en odontologie : les médicaments de prescription générale, mais également les médicaments spécifiques à la profession (anesthésiques, locaux topiques, etc.). C'est là toute son originalité. Les principaux chapitres traitent :
- des médicaments à action systémique ;
- des médicaments à action locale/topique (anesthésiques, antiseptiques, hémostatiques (...)

3. Prescrire en odontologie

Référence : Arreto C.-D. Bibliographie. Cah Prothèse 2006 ;133 :69- 70.
Résumé : Aborder le thème de la prescription reste toujours une gageure qui nécessite de doser savamment le cliniquement utile, l'œuvre de César, et le scientifiquement correct, l'œuvre de Dieu : Michel Sixou dans son ouvrage « Prescrire en odontologie » se propose de relever ce défi. Épistémologiquement, il est délicat d'accorder à la prescription une filiation unique tant la thérapeutique que la pharmacologie clinique peuvent en revendiquer (...)

4. Odontopharmacologie clinique

Référence : Arreto C.-D. Livre à la page. Clinic 2000 ;21 :510.
Résumé : Lorsqu'on entreprend la rude tâche d'élaborer un ouvrage de pharmacologie, notamment en restreignant son champ d'application à l'odontologie, il est très délicat de parvenir à l'adéquation entre, d'une part, le nécessaire, voire l'indispensable, et, d'autre part, le superflu, voire l'incertain. Sans aller jusqu'à flirter avec les douces joies poétiques de l'oxymoron, on peut constater, non sans un certain plaisir jubilatoire, que le Dr Q. Timour a réussi avec son ouvrage cette herculéenne prouesse : le nombre de parties de l’ouvrage (douze en incluant l’index) n’est sans rappeler celui des mythiques exploits ! (…)

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