Olivier Fromentin, rédacteur en chef d'Implant

23/01/2017

Marché de dupes

Éditorial

Écrire un éditorial pour une revue comme Implant, c’est une responsabilité. Il faut incarner la revue et présenter un point de vue original sur un sujet d’actualité, sans être moralisateur ni inutilement péremptoire dans son propos. Pourtant, je suis partagé entre colère et abattement.

Colère ou abattement, face à la situation actuelle des relations de notre profession avec l’assurance maladie au sujet des négociations autour de la future convention ?

Le sujet de l’amélioration de l’accès aux soins dentaires ne peut se résumer à cette équation simpliste qui consiste à encadrer les honoraires prothétiques en revalorisant à la marge les soins conservateurs. Qui peut croire un seul instant, dans cette période ou « diminuer l’augmentation des dépenses » est l’antienne commune aux politiques, qu’une telle mesure soit cohérente, sans entrainer à court terme un cortège de dommages collatéraux, tant pour nos patients que pour l’indépendance financière des cabinets dentaires libéraux.

Il y a bientôt 20 ans, en avril 1997, le responsable de la CNAM-TS reconnaissait déjà le désengagement de l’assurance maladie concernant les soins dentaires et ceci sur les 20 années précédentes. Quarante années plus tard, la situation économique et les remboursements ne se sont pas améliorés, le constat s’avère quasi le même et la seule mesure envisagée consisterait à encadrer d’avantage les honoraires tout en poursuivant l’externalisation du risque maladie au bénéfice des mutuelles organisées avec leurs réseaux de soins aux méthodes commerciales agressives.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une invitation à signer une pétition adressée à nos responsables politiques nationaux pour leur signifier l’attachement de la profession à la qualité des soins et au libre choix par le patient de son praticien. Cette pétition avait déjà enregistré plus de 4500 soutiens Il faut encourager cette première initiative de manifestation collective du désaccord profond de la majorité de la profession quant à cette vision étroite et déformée du problème ainsi que de la solution envisagée.

Je ne connais pas l’issue de ces négociations sur lesquelles plane la menace d’un arbitrage autoritaire mais je suis certain que l’encadrement du secteur des honoraires prothétiques, auparavant fixés par entente directe avec le patient, risque de déstabiliser économiquement beaucoup de cabinets libéraux au bénéfice de réseaux ou de structures de soins low cost à la réputation pourtant plus que douteuse sur le plan de la qualité des soins dispensés et dont l’efficience pour réaliser des actes rémunérateurs plus ou moins indiqués s’avère proportionnelle à la prise en charge par un organisme payeur tiers.

Cher confrère/sœur et lecteur, lectrice d’Implant, en cette nouvelle année, je nous souhaite toute la solidarité nécessaire pour refuser ce funeste destin.

Olivier Fromentin

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