Stéphane Viennot

01/10/2018

Partageurs de savoirs

L’édito des Cahiers de prothèse

La fuite du temps demeure souvent dissimulée par la spirale et le vertige des multiples activités au service d’un métier souvent passionnant. Aucun néophyte ne peut imaginer l’importance du travail fourni en amont par ceux d’entre nous aux multiples facettes, souvent praticiens et conférenciers ou enseignants hospitalo-universitaires avec activité clinique, lorsqu’ils préparent une présentation orale ou un cours de spécialité.

Ce travail exigeant, quelquefois douloureux, souvent réalisé dans la solitude et dans l’ombre, est le fruit d’une compétence acquise durant des années de pratique au fauteuil, d’enseignement exigeant, de lectures de périodiques et d’ouvrages nationaux et internationaux.

Après la journée de travail au cabinet, classée souvent comme une performance tant il faut être multitâches et excellent en tous domaines, combien de soirées et de week-end consacrons-nous à trier et classer les photographies cliniques et vidéos ? Combien d’heures à caler le propos d’un exposé en adéquation avec la présentation clinique et les dernières données acquises de la science ? « En plus du cabinet, je passe plus de temps en face-à-face avec mon ordinateur qu’avec ma famille » renchérissait une collègue lorsque je déplorais moi-même cet état de suractivité.

L’enchainement des obligations et les challenges multiples que l’on se fixe peuvent mener à des extrémités graves : un praticien sur deux (48 %) serait plus ou moins proche du burn-out selon l’Observatoire de la santé des chirurgiens-dentistes. Sournois, ce dernier s’installe doucement sans que l’on y prête attention, par manque de réactivité ou par fierté, prisonnier de l’image d’infaillibilité à donner : notre rôle est de s’occuper de la souffrance des autres, pas de la nôtre. « C’est le syndrome John Wayne, le cow-boy imperturbable qui sourit même avec une flèche dans l’omoplate », résume Serge Deschaux, Directeur à Rennes en 2011 de l’Observatoire national de la santé des chirurgiens-dentistes et à l’origine d’une enquête faite auprès de 1 623 praticiens. Dans sa conclusion, il avance que le meilleur traitement reste la prévention : redéfinir ses besoins, identifier ses facteurs de stress, diminuer sa charge de travail en réorganisant et améliorant son organisation et son hygiène de vie… C’est un lieu commun de rappeler que l’existence passe finalement très vite et que le fameux « carpe diem » doit rester un guide d’équilibre pour associer sereinement le temps libre pour soi et sa famille à la passion pour un métier, surtout lorsqu’il se double de la lourde tâche supplémentaire de transmettre le savoir.

Cette exigence de vie, nous la devons à ceux d’entre nous qui nous ont quittés trop tôt. Il était un grand conférencier et un clinicien remarquable. Confrère lyonnais très apprécié, Olivier Guastalla n’avait que 43 ans. Il est parti en pratiquant sa passion sportive. Remarquable « partageur de savoirs », il a consacré beaucoup de temps à une pédagogie fondée sur la pratique. Pour cela aussi, qu’il soit remercié. Nous pensons tous très fort à lui, à son épouse, à ses jeunes enfants et à sa famille.

Stéphane Viennot, rédacteur en chef des Cahiers de prothèse

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