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16/03/2021

Covid-19 et traitement de l’air : recommandations  de référence pour les cabinets dentaires

La SF2H et le RéPias viennent de publier LA fiche d’information de référence sur le traitement de l’air au cabinet dentaire dans le cadre de la Covid-19.

Dans une fiche intitulée « Covid-19 et traitement de l’air en cabinet de chirurgie dentaire », la SF2H et le RéPias publient une série de recommandations à destination des chirurgiens-dentistes.

« Ce document très attendu a été élaboré de manière pluridisciplinaire avec des chirurgiens-dentistes, des médecins hygiénistes, et des ingénieurs. Il reprend des éléments de sociétés de référence, le Haut conseil de la santé publique et l’INRS. Ce document donne les bases sur lesquelles on doit tous être d’accord », estime le Dr Florian Laurent, chirurgien-dentiste et référent ordinal Covid-19.

Dans ce document, la SF2H et le RéPias soulignent que « de nombreux soins bucco-dentaires génèrent des aérosols » et que « ceux-ci peuvent être des vecteurs de transmission de pathogènes comme le virus SARS-Cov-2 à l’origine de la Covid-19 ».

Afin de diminuer le risque de transmission, le document conseille de mettre en place une démarche en plusieurs étapes :

- éviter la production d’aérosols contaminés à SARS-CoV-2 (identification préalable des patients à risque, bain de bouche antiseptique avant chaque soin, pose de la digue) ;

- limiter la quantité d’aérosols générés (diminution de la quantité d’eau dans les porte-instruments dynamiques, utilisation de contre-angle bague rouge plutôt que la turbine) ;

- capter au plus près du soins les aérosols produits (aspiration chirurgicale, si possible double aspiration et travail à quatre mains) ;

- renouveler l’air de la salle de soins (en aérant régulièrement).

Une mesure complémentaire possible est de traiter l’air de la salle de soins.

RENOUVELER L’AIR DE LA SALLE DE SOINS

Pour diluer les aérosols, il est recommandé d’aérer la salle de soins en ouvrant régulièrement les fenêtres. Afin d’optimiser et de piloter le renouvellement d’air dans une pièce, il est possible d’utiliser un détecteur à CO2. « Cela permet d’avoir une mesure objective qui aide à vérifier que l’air a bien été renouvelé », souligne le Dr Laurent. Le renouvellement d’air est obtenu lorsque la concentration en CO2 dans la pièce se rapproche de la concentration en CO2 de l’air extérieur (comprise entre 400 et 450 ppm de CO2).  D’une manière générale, une concentration en CO2 supérieure à 1 000 ppm dans une pièce indique la nécessité de renouveler l’air.

« L’apport d’air neuf peut être réalisé par une centrale de traitement d’air (CTA). Dans le cadre d’une CTA, le réglage de la centrale doit permettre un taux de renouvellement minimum de 6 volumes par heure », préconise la fiche. Lorsqu’une CTA est utilisée, celle-ci va non seulement réaliser le renouvellement d’air mais elle va aussi assurer son traitement par filtration.

« Cependant, les cabinets dentaires sont rarement équipés de CTA. La filtration de l’air est alors possible grâce à des dispositifs mobiles communément appelés "épurateurs d’air". Ces dispositifs aspirent l’air de la pièce et le rejettent dans cette même pièce après l’avoir traité », détaille le document. Pour bien le choisir, il convient de se tourner vers des dispositifs équipés de filtres HEPA de classe minimale H13 selon la norme EN 1822-1 et installés de manière parfaitement étanche. Seuls ces dispositifs permettent d’arrêter efficacement les aérosols susceptibles de véhiculer le virus, à condition d’un entretien régulier suivant les préconisations du fournisseur.

« Les épurateurs d’airs ne remplacent en aucun cas l’aération, insiste le Dr Laurent. Mais c’est un élément complémentaire qui va permettre de diminuer la charge virale potentielle dans l’air », conclut-il.

PAS DE MÉTHODE PHYSICO-CHIMIQUE DE TRAITEMENT DE L’AIR

En revanche, il est fortement déconseillé de choisir des appareils utilisant une méthode physicochimique de traitement de l’air (catalyse, photocatalyse, plasma, ionisation, ozonation, charbons actifs…). « Non seulement leur efficacité vis-à-vis des virus n’est pas prouvée, mais suite à une dégradation de polluants parfois incomplète, ils peuvent impacter négativement la qualité de l’air intérieur par la formation de composés potentiellement dangereux pour la santé, y compris des agents chimiques CMR (cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction) », met en garde la fiche.

Anne-Gaëlle Moulun

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