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14/02/2022

EXPRESO commence à recruter des praticiens 

Rémunérer la prévention et les soins les moins invasifs pour les mettre au cœur de la pratique, tel est l’objectif de l’Expérimentation Prévention en Santé Orale (EXPRESO) réalisée en partenariat avec des chirurgiens-dentistes volontaires.

« EXPRESO repose sur un concept de soin défini à la fin des années 80, appelé l’intervention minimale. L’idée globale est que, moins on est interventionniste, plus on augmente la longévité de la dent », explique le Pr Sophie DOMÉJEAN, PU-PH à l’UFR d’odontologie de Clermont-Ferrand et coordinatrice scientifique du projet, chapeauté par le Dr Marco MAZEVET (cf Mazevet ME, Garyga V. La prévention au cabinet dentaire. CLINIC 2021;42(407):900-908). En France, le seuil d’intervention en dentisterie restauratrice, c’est-à-dire à le stade à partir duquel le praticien intervient avec une fraise, est trop précoce vis-à-vis de ce qui est recommandé par les données acquises de la science. « C’est en partie dû à une absence de prise en charge par la Sécurité sociale des soins non-invasifs (reminéralisation fluorée, scellements thérapeutiques…), mais c’est aussi dû à une formation non optimale vis-à-vis de l’intervention minimale », estime le Pr DOMÉJEAN. « Les praticiens qui ont la cinquantaine n’ont pas eu de formation initiale sur le sujet et n’ont pas forcément suivi de formation continue en cariologie. Ce phénomène ne s’applique cependant pas seulement à cette génération ; une récente étude a en effet démontré que les étudiants sortant des UFR interviennent aussi beaucoup trop tôt dans le processus carieux, au détriment de stratégies plus conservatrices. »

TROIS FORFAITS EN FONCTION DU RISQUE

Le dispositif EXPRESO propose de rémunérer les praticiens par une somme forfaitaire en fonction du risque du patient et non pas sur le nombre de soins réalisés. « Il s’agit d’une facturation à la prise en charge globale, basée sur le risque », résume le Pr DOMÉJEAN. Trois forfaits ont été définis pour trois niveaux de risque. Ils comprennent une évaluation annuelle des trois maladies principales (maladie carieuse, parodontale et érosion) et des soins associés si nécessaire. Les forfaits ont été fixés à 120€/an pour le risque faible (avec 1 visite/an), 200€ pour le risque élevé (avec 1 visite/6 mois) et 275€ pour le risque extrême (avec 1 visite/4 mois).

« L’idée n’est pas forcément de faire réaliser des économies à l’Assurance maladie à proprement parler, mais de montrer qu’en répartissant les moyens différemment, les patients auront une meilleure santé orale », insiste le Pr DOMÉJEAN. « Nous souhaitons pour cela recruter des praticiens motivés de toutes les tranches d’âge, avec une réelle volonté d’essayer de faire en sorte que le système de rémunération en France change », annonce-t-elle.

Dans un premier temps, le dispositif sera testé sur 15 000 patients âgés de 18 à 21 ans avec l'aide des URPS dans les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire, pendant 3 ans. Une enveloppe de 6 millions d’euros est prévue pour le financer. L’expérimentation vise à recruter et à former environ 500 chirurgiens-dentistes sur les deux régions concernées. « Nous avons un correspondant dans chaque région qui va chapeauter ces praticiens : il va falloir les recruter, les calibrer pour qu’ils aient notamment tous la même méthode d’évaluation des différents risques. Ensuite, ils soigneront leurs patients selon des modalités conventionnelles standard si des soins sont nécessaires, avec en plus les forfaits préventifs qui visent à couvrir ce qui n’est actuellement pas pris en charge. Actuellement, nous sommes en train de finaliser tous les processus, notamment les documents électroniques pour la saisie des dossiers », détaille le Pr DOMÉJEAN. Les praticiens intéressés peuvent d’ores et déjà s’inscrire sur le site expreso.fr

Anne-Gaëlle Moulun

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