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21/07/2021

« La démographie va être l’un de nos chantiers importants »

Entretien avec Philippe Pommarède, nouveau président du Conseil national de l’ordre des chirurgiens-dentistes depuis le 24 juin 2021.

QUEL EST VOTRE PARCOURS AVANT D'ACCÉDER À LA PRÉSIDENCE DE L'ORDRE ?

Diplômé de la faculté de Paris VII, j’ai exercé en tant que chirurgien-dentiste libéral pendant 38 ans, dont 36 ans dans mon cabinet dentaire à Versailles. J’ai été attaché de consultation pendant plus de 15 ans à Paris VII. Par ailleurs, j’ai été expert judiciaire près de la Cour d’appel de Versailles de 1995 à 2010. J’ai aussi dirigé de l’expertise médicale pour les chirurgiens-dentistes et les stomatologues au sein d’une compagnie d’assurance où je gérais une équipe d’environ 180 experts répartis dans toute la France.

Sur le plan ordinal, j’ai été élu pour la première fois en 1998 au Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes des Yvelines. J’ai d’abord été suppléant, puis titulaire, puis vice-président. Je suis ensuite devenu secrétaire général en 2013 puis président du Conseil régional de l’Ordre d’Ile-de-France, en 2014. Je suis devenu conseiller national en 2018 et président du bus social dentaire, qui soigne les migrants. J’ai été élu président du Conseil national de l’Ordre le 24 juin dernier.

QUELS SONT LES FUTURS CHANTIERS QUI VOUS ATTENDENT À LA TÊTE DE L'ORDRE?

Nous allons continuer les chantiers entamés par l’équipe précédente et chamboulés par la Covid-19.

Au niveau interne, nous allons reprendre toutes les formations qui avaient été interrompues :  formation de nos élus ordinaux, départementaux, régionaux, de nos secrétaires administratives, et au niveau des juridictions, la formation des greffiers et assesseurs des chambres disciplinaires de première instance.

Au niveau externe, la démographie va être l’un de nos chantiers importants. Nous avons participé à la conférence nationale concernant cette question, où il a été proposé une révolution dans le nombre d’étudiants admis en odontologie. Il va y avoir une augmentation de 14 % du nombre d’étudiants sur 5 ans. L’objectif est de resserrer le maillage territorial. Des pistes concrètes ont été ouvertes avec une territorialisation de la répartition des étudiants en France, dans le but d’essayer de combler les déserts médicaux. Le nombre d’antennes universitaires va être augmenté, certaines villes en étaient dotées, comme Tours, Dijon ou Evreux, d’autres antennes seront créées car nous nous sommes aperçus que statistiquement, les étudiants restaient majoritairement dans la zone où ils ont effectué leurs études.

Notre autre chantier est de travailler sur l’implantation de centres dentaires non vertueux. Jusqu’à présent les Agences régionales de santé (ARS) n’avaient aucune possibilité de s’opposer à l’ouverture de tels centres. L’Ordre a multiplié les rencontres à l’Assemblée, au Sénat, au ministère de la Santé. Notre idée ce serait que les ARS, éventuellement en association avec les conseils de l’Ordre, puissent avoir un droit de regard sur l’ouverture de ces centres et que des contrôles puissent être effectués.

Nous devons aussi travailler sur les diplômes étrangers. C’est un chantier difficile car le conseil d’État applique la règle européenne qui reconnaît systématiquement les diplômes délivrés par les pays européens et nous donne tort si nous refusons un diplôme étranger. Il serait très souhaitable que nous parvenions à une certification au niveau des facs européennes. Bien entendu les facultés qui respectent les programmes européens n’auront aucune problème pour obtenir ces certifications.

Concernant la formation continue, le gouvernement est actuellement en train de préparer une ordonnance qui doit fixer l’obligation de certification en lien avec l’Agence nationale du DPC : cette obligation commencera par les jeunes diplômés qui auront 6 ans pour montrer qu’ils ont effectué leur obligation de formation continue. Pour les autres praticiens ce sera 6 ans + 3 ans.

QUE PENSEZ-VOUS DE LA POSSIBILITÉ D'UNE OBLIGATION VACCINALE POUR LES SOIGNANTS ?

J’étais invité au ministère de la Santé le 7 juillet, avec les autres présidents des ordres de santé. Nous avons signé un communiqué commun à l’unanimité, d’incitation à la vaccination de tous les professionnels de soins et accompagnants, ce qui comprend les chirurgiens-dentistes et assistants dentaires. Au 30 juin, 75 à 80 % de professionnels libéraux étaient d’ores et déjà vaccinés, contre 55 % des salariés en milieu hospitalier et en Ehpad. Il faut être responsable quand on travaille pour la santé publique : c’est une protection pour soi-même et pour les patients.

Propos recueillis par Anne-Gaëlle Moulun

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