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18/11/2021

SOIGNER MIEUX EN S’ÉCONOMISANT

Philippe BIDAULT a interrogé Aurélia SCHNEIDER et Cécile HVOSTOFF sur la charge mentale et l’éducation thérapeutique. La charge mentale car, si on sait la contrôler, on se préserve. L’éducation thérapeutique car on ne peut espérer conserver mieux et plus longtemps les dents de nos patients sans participation active de ces derniers.

Pour parler de ces deux thèmes, j’ai eu le plaisir de mener un entretien avec les docteurs Aurélia Schneider et Cécile Hvostoff. À travers nos échanges, il est apparu que, si les notions de charge mentale et d’éducation thérapeutique peuvent sembler, de prime abord, éloignées l’une de l’autre, elles sont liées et il est possible de travailler sur chacune d’elles pour améliorer son exercice.

Aurélia Schneider est psychiatre. Elle a une activité libérale et hospitalière. Elle a récemment publié, en collaboration avec Philippe Muzo, un ouvrage intitulé " La charge mentale des femmes et celles des hommes" aux Éditions Larousse. Les dessins qui illustrent cet échange sont extraits de ce livre.

Cécile Hvostoff est chirurgien-dentiste, spécialiste en médecine bucco-dentaire. Elle exerce en milieu hospitalier auprès de personnes dépendantes.

CLINIC : Dr Schneider, vous travaillez sur la charge mentale. Pouvez-vous nous expliquer le concept ? 

Aurélia SCHNEIDER : Le concept de charge mentale a été développé au début des années 80 pour décrire le fait de faire quelque chose à un endroit et de penser, au même moment, à faire autre chose à un autre endroit. C’est ce qu’on pourrait appeler la charge mentale domestique (figure 1). Je travaille à mon cabinet et, dans le même temps, je pense à la nounou qui doit aller chercher les enfants à l’école et au fait que je doive aller faire des courses pour le dîner avant de rentrer à la maison. Il ne s’agit pas d’avoir plusieurs tâches à faire mais bien d’être dans deux mondes à la fois. La notion de simultanéité est essentielle.

CLINIC : Au cabinet, pendant que je fais un soin, je pense aussi au patient suivant, à la commande que je dois effectuer et à comment je vais gérer les deux urgences qui ont été ajoutées dans l’agenda. C’est aussi de la charge mentale ?

AS : Oui, c’est de la charge mentale d’entreprise. C’est le même lieu et on a des actions ou des choses différentes de sens qui, là encore, se passent au même moment. Conséquence, je ne suis pas totalement dans ce que je fais. On parle de fragmentation qui est une deuxième caractéristique essentielle. Dans l’exercice d’une activité comme la vôtre, ça peut avoir un impact négatif très fort en influençant la prise de décision ou la capacité à réaliser correctement un acte.

CLINIC : Mais, c’est inévitable d’avoir plusieurs choses en tête et d’avoir une journée « bien remplie ». On est un peu tous dans ce cas-là. Quand commence-t-on à parler de charge mentale ou quand devient-elle trop importante ?

AS : Une charge mentale importante a des conséquences d’ordre cognitif (concentration, mémoire, raisonnement) et psychique (responsabilité, estime de soi, peur). Mais, il est souvent difficile de détecter les signaux d’alerte car ils apparaissent de façon insidieuse et sont d’une grande banalité. On parle ici par exemple de difficulté à s’endormir et à se concentrer ou d’hyper-réactivité émotionnelle (forte irritabilité, nervosité ou bouffées de colères inhabituelles). On peut aussi avoir des symptômes physiques (migraines, tensions musculaires, problèmes dermatologiques…). La liste est longue. À chacun de prendre un peu de temps et de recul pour entendre ces signaux.

CLINIC : Donc, pour simplifier, si je veux me préserver, je dois réduire ma charge mentale. Est-ce que faire une to do list peut nous aider ?...

LA SUITE EST DANS CLINIC EN NOVEMBRE

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