INTERVIEW  Edmond Binhas, auteur de La gestion globale du cabinet dentaire (Vol. 1 et 2)

10/07/2013

INTERVIEW Edmond Binhas, auteur de La gestion globale du cabinet dentaire (Vol. 1 et 2)

Le volume 2 de votre livre sur la Gestion globale du cabinet dentaire vient de paraître : qu’apporte ce second volume au premier paru en 2011 ?

Après avoir posé le problème de l’évolution actuelle de notre profession, le premier volume était essentiellement consacré aux aspects techniques de l’organisation (architecture, stérilisation, 4 mains, plateaux de travail, indicateurs de gestion, etc.) Nombreux sont les praticiens qui, avec le sentiment du devoir accompli, limitent la gouvernance d’un cabinet à ces seuls aspects. En réalité, même si ces aspects sont importants, ils ne constituent qu’un simple ticket d’entrée. Les véritables fondements de toute gestion globale de cabinet concernent les aspects humains, bien plus importants mais aussi bien plus difficiles à mettre en place. Ce sont ces aspects qui sont abordés dans ce second volume (rapport à l’argent, présentation des traitements, première consultation, gestion de rendez-vous et qualité du service, entre autres).

Par ailleurs, tous les détails concernant le confort de travail et les aspects ergonomiques y sont développés.

 

Vous mettez l’accent sur le « système humain » : pouvez-vous définir ce concept ? En quoi l’humain est-il si important au cabinet dentaire ?

En vérité, il y a dans notre profession une erreur de conception majeure à propos de l’organisation. La plupart des praticiens et même certains consultants, s’imaginent qu’il suffit de planifier une organisation idéale puis de tout mettre en œuvre pour y arriver. Cette approche est à mes yeux adaptée aux aspects techniques. Or, ceux-ci restent lettre morte s’ils ne sont pas appliqués correctement par les individus dans la pratique quotidienne. En réalité, ce n’est pas la poursuite obsessionnelle d’une organisation théorique idéale toujours inaccessible qui est la clé de la sérénité dans les cabinets dentaires actuels. C’est bien plus la capacité des individus à changer et faire évoluer leurs habitudes de travail en sachant que cette évolution est sans fin. Mon slogan est le suivant : « Ne changez pas votre organisation, changez vos habitudes ». Sans application dans le monde réel, l’organisation n’est qu’une élucubration intellectuelle. C’est pourquoi, les systèmes humains sont la clé de toute gouvernance réussie.

 

L’ergonomie semble être une préoccupation nouvelle pour le chirurgien-dentiste : pensez-vous que l’on ait perdu trop de temps avant d’évoquer le bien-être du praticien et de son équipe ?

Il fut un temps où l’ergonomie proprement dite (c’est-à-dire l’étude de l’homme à son poste de travail) était un domaine étudié dans la profession dentaire. Depuis la disparition des pères de l’ergonomie dentaire cette matière est tombée en désuétude. Il est une évidence, à mes yeux, qu’il s’agit d’une erreur considérable. Je place en effet le confort et la santé de l’équipe dentaire au cœur de toute organisation. Cette matière devrait être enseignée de façon exhaustive dans les facultés. En effet, de nombreuses carrières sont anéanties par des problèmes de dos, de cou, de burnout. A cela, ajoutons les problèmes qui perturbent la vie quotidienne en raison de douleurs dans les épaules ou les mains. Je suis convaincu que le bien-être du praticien et de son équipe sont des sujets qui reviendront sur le devant de la scène tant ils sont cruciaux. Nous avons effectivement perdu trop de temps.

 

En résumé, quels sont les secrets d’une vie professionnelles réussie ?

Tout d’abord, accepter que dans la vraie vie d’un cabinet rien n’est jamais tout rose et arrêter de se comparer à un idéal organisationnel théorique. Il est nécessaire d’accepter une part (relative) d’imperfection.

D’autre part, il devient important par les temps qui courent de bien comprendre et surtout accepter l’évolution actuelle de la profession et arrêter de regarder avec nostalgie le passé.

Il faut également clairement identifier ce que l’on souhaite soi-même pour sa pratique. Contrairement aux apparences ce dernier point est loin d’être évident.

De surcroit, face à la complexification de la profession, il faut accepter l’idée qu’il est impossible de tout faire tout seul comme par le passé. Sur le plan clinique comme sur le plan organisationnel, il faut s’entourer d’une équipe d’experts compétents.

Enfin, constat douloureux mais réaliste, il s’agit d’entrer dans une logique d’évolution permanente dans tous les domaines de l’activité et ne pas rester figé en attendant que les choses changent toutes seules comme par magie. La formation continue clinique et non-clinique devient alors un élément incontournable.


Propos recueillis par Emmanuelle Lionnet


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