05/01/2021

Prendre en charge les restaurations défectueuses

Les omnipraticiens connaissent-ils et appliquent-ils le concept de réparation des restaurations défectueuses ? Une enquête menée auprès de 378 chirurgiens-dentistes du réseau ReCol s’est penchée sur la question.

Le concept de réparation des restaurations défectueuses, plutôt que leur remplacement complet, fait partie des recommandations de la Fédération dentaire internationale (FDI) dans le cadre de l’intervention minimale en cariologie. Or, « le concept de réparation a été très peu étudié en France, mis à part dans une étude pilote que nous avons menée sur un échantillon réduit de praticiens inscrits dans des sessions de formation continue », explique le Pr Sophie Doméjean, praticien hospitalier à l’UFR d’odontologie de Clermont-Ferrand. « Par le biais de ReCol, nous voulions faire une étude nationale », poursuit-elle.
Ainsi, un questionnaire a été envoyé à des omnipraticiens membres du réseau de Recherche Clinique en odontologie libérale (ReCol) sur leur connaissance et leur pratique de la réparation des restaurations défectueuses. 378 réponses ont été analysées. La moyenne d’âge des répondants était un peu plus jeune que la démographie nationale : 37 ans contre 51 ans. Les praticiens répondants étaient des omnipraticiens libéraux ou salariés et se répartissaient en 49 % de femmes et 51 % d’hommes.

Un concept mal connu et peu pratiqué

Les résultats de l’enquête montrent que 44 % des répondants ne connaissent pas le concept de réparation des restaurations défectueuses. Et lorsqu’il leur est demandé s’il leur arrive de réparer des restaurations défectueuses, seulement 8 % des omnipraticiens répondent « souvent » (plusieurs fois par semaine). 82 % le font « parfois » (quelques fois par mois) ou « rarement » (quelques fois par an). « Globalement, réparer une restauration défectueuse est un acte qui est rarement effectué ; l’attitude thérapeutique standard consiste à tout déposer et tout refaire », analyse le Pr Sophie Doméjean.
Parmi ceux qui font des réparations, 58 % disent les effectuer pour préserver la pulpe dentaire et 47 % pour la préservation maximum des tissus (plusieurs réponses possibles). « Ce sont deux critères biologiques, ce qui montre que c’est la biologie qui guide leurs décisions », commente-t-elle. Le temps opératoire réduit ou le coût réduit sont des critères moins importants.
Enfin, interrogés sur leur formation, 61 % des répondants estiment que leur formation initiale sur ce thème n’a pas été suffisante. « Nous pouvons en conclure qu’il faut renforcer la formation initiale, mais aussi la formation continue et la diffusion d’articles pour promouvoir la réparation des restaurations défectueuses. Il faudrait aussi que la Haute autorité de santé émette des recommandations sur ce thème. Cela fait partie des bonnes pratiques internationales, même si c’est peu pratiqué en France », conclut le Pr Sophie Doméjean.

Anne-Gaëlle Moulun

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