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23/03/2021

La prévention rémunérée

Mettre la prévention au cœur de la pratique et la rémunérer, tel est l’objectif de l’expérimentation Prévention en santé orale (Expreso) publiée le 20 mars au Journal officiel. Cette expérimentation sera menée dans un premier temps dans deux régions auprès des jeunes de 18 à 21 ans.

Un arrêté publié au Journal officiel du 20 mars ouvre la voie à l’expérimentation Prévention en santé orale (Expreso) qui repose sur la forfaitisation d’un ensemble d’actes de prévention des lésions de la sphère orale.

Le mode de tarification forfaitaire (par capitation hybride) a été choisi et sera ajusté sur le risque du patient. 3 forfaits ont été définis pour 3 niveaux de risques. Ils comprennent une évaluation annuelle des 3 pathologies principales (lésions carieuses, parodontales et d’érosion) et des soins associés si nécessaire. Les forfaits ont été fixés à :

- 120 € pour le risque faible, avec une visite par an ;

- 200 € pour le risque élevé, avec une visite tous les 6 mois ;

- 275 € pour le risque extrême, avec une visite tous les 4 mois.

Pour le Dr Marco Mazevet, directeur scientifique du projet, « il s’agit d’un changement de paradigme. Cette expérimentation va permettre de financer les techniques qui peuvent prévenir l’apparition des différentes lésions, notamment carieuses. L’objectif étant que, dès que le chirurgien-dentiste voit un début de carie (lésion initiale), il mette en œuvre toutes les thérapeutiques pour éviter d’arriver à un soins conservateur. Souvent, les chirurgiens-dentistes n’interviennent pas, ou trop tard sur ces lésions. De plus, on sait qu’en France le seuil d’intervention – c’est-à-dire à le stade à partir duquel le praticien intervient avec une fraise –, est trop précoce vis-à-vis de ce qui est recommandé par les données acquises de la science. C’est en partie dû à une absence de prise en charge par la Sécurité sociale, mais c’est aussi culturel ».

Grâce à l’Expreso, les chirurgiens-dentistes seront rémunérés et formés pour cela.

Testé sur 15 000 patients de 18 à 21 ans

« C’est un travail de recherche, car on ne change ni les comportements des praticiens ni des patients du jour au lendemain. Suite à l’écriture de la première version « scientifique » du projet avec différents experts en prévention et économie de la santé, nous avons travaillé pendant 2 ans avec l’Assurance maladie. Maintenant, il faut voir comment cela fonctionne sur le terrain. L’avis des praticiens et des patients sera fondamental pour évaluer le succès de cette opération. Si l’on observe une efficacité du dispositif sur le plan clinique et que le système est bien accepté par les expérimentateurs et les personnes prises en charge, il sera généralisé », espère le Dr Mazevet.

Dans un premier temps, le dispositif sera testé sur 15 000 patients âgés de 18 à 21 ans dans les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire, pendant 3 ans. L’expérimentation vise à recruter et à former 640 chirurgiens-dentistes sur les 2 régions concernées. Les praticiens seront invités à y participer via l’association Expreso, ainsi que par les URPS chirurgiens-dentistes des régions concernées.

Anne-Gaëlle Moulun

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