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01/06/2021

Un enfant sur deux devrait consulter un orthodontiste avant 6 ans

A l’occasion de son 2e e-congrès, la Société française d’orthodontie pédiatrique (SFOP) recommande qu’1 enfant sur 2 consulte un spécialiste avant 6 ans, afin  de dépister et de traiter les nombreuses pathologies conditionnant la croissance de la face et du visage, la place des dents ou la qualité du sommeil.

Actuellement, 85% des traitements orthodontiques débutent entre 9 et 16 ans. Seuls 35% des Français savent que l’on peut débuter un traitement avant 11 ans et 62% pensent l’inverse, à tort, selon un sondage Harris Interactive pour la FFO (Fédération française d’orthodontie), « les Français et l’orthodontie », réalisé en mars 2015.

Pour le moment, l'esthétique reste la première cause de consultation chez un orthodontiste.  « Il existe pourtant de nombreuses possibilités thérapeutiques, efficaces et optimales, pour améliorer la santé des enfants », souligne la SFOP. « La cause, par exemple, d’une béance (absence de contact des dents en occlusion) est souvent une dysfonction, comme une respiration buccale et une mauvaise posture de la langue. Les autres conséquences, néfastes pour le développement de l’enfant sont souvent méconnues : baisse de la qualité du sommeil, de la qualité de l’apprentissage scolaire (somnolence diurne, problèmes de concentration…), troubles du comportement (irritabilité, hyperactivité…), mauvaise posture du corps, infections virales (angine, otites), problèmes ORL (cernes, risque d’apnée du sommeil…), allergies », détaille la Société française d’orthodontie pédiatrique, qui recommande donc la consultation d’un orthodontiste avant 6 ans.

DÉPISTER LES MALOCCLUSIONS DÈS 3-4 ANS

Pour le Dr Frédéric Courson*, Maître de Conférence à l’Université de Paris en Odontologie Pédiatrique, membre de la Société française d’odontologie pédiatrique (SFOP aussi), « il faut dépister les malocclusions chez l’enfant dès 3-4 ans ».

La première source de malocclusions est liée aux problèmes de succion non nutritive. « La succion du pouce, de doigts ou de tétine qui perdure au-delà de 3 ans doit faire partie de l’interrogatoire médical dès le plus jeune âge car on sait que cela est source de malocclusions. Cela provoque des mauvaises positions de langue qui ont de nombreuses répercussions sur le fonctionnement de la face, dont des problèmes de langage, mais aussi de mastication », développe le Dr Courson.

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Malocclusions classiques chez l'enfant de moins de 6 ans: l'inversé d'articulé due à une succion du pouce.

La seconde cause de malocclusions est liée aux problèmes ORL. « Les enfants qui ont des problèmes de respiration buccale, surtout dans les grandes villes, peuvent souffrir de malocclusions. Cela peut être dû à des végétations, aux amygdales, à des allergies ou à de l’asthme non pris en charge par exemple », détaille-t-il.

L’OMS définit la santé bucco-dentaire comme « un état de bien-être physique, mental et social », rappelle-t-il. « Or, les enfants opérés pour des problèmes respiratoires dorment mieux, vivent mieux leur vie quotidienne et ont moins de problèmes de concentration scolaire. Idéalement il faudrait que tous ces problèmes de malocclusions soient résolus avant 6 ans, car à partir de 6 ans les dents permanentes arrivent et cela devient plus problématique », estime le Dr Courson. La Haute autorité de santé (HAS) a d’ailleurs défini cette prise en charge précoce en 2002. « Cela fait partie de la prise en charge pour tout praticien. Même si on ne sait pas traiter, on doit au moins savoir dépister et adresser et le plus tôt possible », conseille le Dr Courson.

Les 26 et 27 juin 2021, la Société française d’orthodontie pédiatrique organise un congrès en ligne et convie gratuitement tous les praticiens travaillant pour la santé du jeune enfant à « venir s’informer des conséquences d’anomalies méconnues et des signes à ne pas ignorer lorsque l’on voit un enfant pour lui recommander de consulter le spécialiste concerné ». 

* Auteur du livre « Orthopédie dento-faciale en dentures temporaire et mixte, Interception précoce des malocclusions », Editions CdP.

Anne-Gaëlle Moulun

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