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21/06/2022

Urgences dentaires : une expérimentation qui fonctionne déjà dans 4 départements 

Dans les départements de la Drôme, l’Isère, la Loire et le Rhône, une expérimentation est financée depuis février 2022 par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes et l’Assurance maladie, pour la régulation des urgences dentaires les dimanches et jours fériés au sein des SAMU-Centres 15, avec la présence d’un chirurgien-dentiste. Explications du Dr Nathalie UZAN.

« Historiquement, l’idée d’une régulation des urgences dentaires par des chirurgiens-dentistes au sein des SAMU-Centres 15 est née en 2016 », raconte le Dr Nathalie UZAN, présidente du conseil départemental des chirurgiens-dentistes de l’Isère. Auparavant, les urgences dentaires étaient gérées par des répondeurs, qui donnaient le numéro des dentistes de garde aux patients. Une modification du cahier des charges de l’ARS au niveau de la permanence des soins a conduit à faire passer obligatoirement les appels téléphoniques par le SAMU-Centre 15.

« Nous avons alors décidé d’organiser une réunion avec les acteurs de ce changement, car nous avions déjà des cabinets submergés avec 30 à 40 patients qui arrivaient n’importe quand », explique le Dr UZAN. « Nous avons discuté de ce problème et du fait que les urgences dentaires allaient submerger le SAMU et lancé l’idée de chirurgiens-dentistes pour réguler ces urgences », poursuit-elle. Elle a alors demandé à des confrères d’expérimenter cette nouvelle mission. 15 dentistes bénévoles ont répondu présent et se sont relayés pendant 6 mois. « Cela a bien fonctionné. Le SAMU nous a donné accès à leur logiciel, nous avons commencé à géolocaliser, à prescrire à distance. C’était une super coopération », se souvient-elle.

UNE EXPÉRIMENTATION DANS LE CADRE DE L’ARTICLE 51

Par la suite, Olivier Véran, alors rapporteur à la commission des affaires sociales, a soutenu le projet et a fait passer un amendement en novembre 2019 reconnaissant que les chirurgiens-dentistes pouvaient être régulateurs du SAMU. « En mars 2020, avec la fermeture des cabinets dentaires, nous avons proposé notre aide au SAMU. Ils n’avaient pas de locaux pour nous alors nous nous sommes organisés au sein de notre conseil de l’Ordre. En Isère, nous avons organisé notre plateau SAMU, en utilisant un logiciel pour organiser les gardes. Nous avons créé un module de régulation pour tracer les appels. Nous avions 140 patients qui appelaient tous les dimanches à la réouverture des cabinets », décrit le Dr UZAN.

Suite à cela, le Conseil de l'Ordre, en lien avec l’ARS, a écrit un cahier des charges dans le cadre du dispositif « article 51 », qui permet de financer des projets innovants en santé. « Dans la région, 4 départements se sont montrés intéressés : Isère, Drôme, Rhône et Loire », précise le Dr UZAN. Au niveau national, 26 départements vont participer à ce dispositif pendant 2 ans. « Nous avons obtenu des financements via l’ARS, afin d’avoir un nombre de régulateurs suffisants. En Isère, nous en avons 2, tous les dimanches et jours fériés de 8h à 12h, voire de 8h à 14h si besoin », ajoute-t-elle. Ils sont rémunérés comme les médecins régulateurs.

MEILLEURE ORIENTATION DES PATIENTS

Concrètement, quand les patients appellent le 15, ils tombent sur un assistant de régulation médical (ARM), qui fait un premier tri et les met sur une liste d’attente, avant de les réorienter vers les régulateurs dentistes. « Ensuite les dentistes font un décroché grâce au logiciel du SAMU et passent sur notre logiciel métier qui est en train de se déployer sur les 4 départements », explique-t-elle. Un questionnaire permet d’orienter le patient : soit le régulateur décide de donner un conseil, soit une téléprescription, soit il dirige le patient vers un cabinet de garde. « Ainsi, les praticiens qui sont de garde n’ont que des urgences véritables et ne sont plus dérangés par les coups de fil. Leur agenda électronique se remplit automatiquement sur des plages horaires de 30 minutes, avec une fiche de traçabilité du patient ». L’expérimentation va durer 2 ans. « Pour l’instant, cela fonctionne bien et je ne vois pas du tout comment on pourrait revenir en arrière. Nous n’avons pas assez de dentistes sur le département, donc la régulation peut permettre de soulager le système, même si elle ne va pas tout résoudre », estime le Dr UZAN.

Anne-Gaëlle Moulun

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